La chorale Sawa Saint Paul n’a plus eu d’espace pour chanter. Des sources crédibles, l’archidiocèse de Yaoundé est secoué par une affaire de discrimination lors de la messe papale.
Dans une correspondance adressée à l’archevêque, la communauté Sawa se plaint du retrait de la chorale Saint-Paul. Pendant la messe du Pape à la base 101. Un retrait de dernière minute alors que cette chorale était bel et bien programmée pour chanter.
La communauté Sawa dénonce cette mise à l’écart injustifiée. Dans une correspondance datée du 20 avril 2026, elle s’insurge contre l’exclusion de la culture Sawa lors de cette messe. Ravivant les tensions autour de la gestion de la diversité culturelle au sein de l’Église.
Le document en question est signé par le curé de la paroisse d’Elig-Effa. Et adressé à l’abbé Joseph Bikoula met en cause l’organisation de la messe pontificale du 18 avril dernier.
Traitement discriminatoire
Dans cette correspondance, il est question d’un traitement discriminatoire infligé à la communauté Sawa. En ligne de mire : la suppression, à la dernière minute, d’une prestation prévue en langue Duala par la chorale Sawa Saint Paul. Une décision difficilement comprise par les fidèles concernés. D’autant plus que cette participation avait été sollicitée en amont.
Le document souligne que cette mise à l’écart va à l’encontre des efforts d’intégration culturelle portés par la paroisse. Pour son auteur, il s’agit d’un acte pastoralement irresponsable, qui fragilise la cohésion et le vivre-ensemble au sein de la communauté catholique.
Reconnaissance des identités culturelles
Au-delà de l’incident, la lettre met en perspective un enjeu plus large : celui de la reconnaissance des identités culturelles dans les célébrations religieuses. Elle rappelle notamment les pratiques antérieures, marquées par une plus grande ouverture aux expressions locales.
Adressée également à l’archevêque de Yaoundé, cette correspondance pourrait entraîner des clarifications au sein de la hiérarchie ecclésiastique. En attendant, le débat est lancé, entre exigence d’unité liturgique et respect de la diversité culturelle. Une affaire qui, bien au-delà des murs de l’Église, interroge sur la place des cultures dans les espaces institutionnels.
Ville de Bamenda
Du 13 au 23 avril 2026, Léon XIV s’est rendu en Afrique pour son troisième voyage apostolique. Le Pape se rend au Cameroun, le deuxième pays visité après l’Algérie, du 15 au 18 avril. Léon XIV a été accueilli à Yaoundé, capitale du Cameroun,majoritairement chrétien. Il a visité par la suite la ville de Bamenda, au Nord-Ouest du pays.
Depuis une décennie, cette zone est marquée par un conflit entre forces séparatistes et légitimistes. Cette guerre civile a causé plusieurs milliers de morts et déplacé plusieurs centaines de milliers de personnes. Le Saint-Père a achevé ce voyage apostolique au Cameroun par la ville de Douala, capitale économique située sur la côte atlantique.















