Une cinquantaine de policiers camerounais ont été arrêtés pour vol de carburants. Puis placés en détention à la prison centrale de Yaoundé les 9 et 10 octobre derniers. Ils sont soupçonnés d’être au cœur d’un vaste réseau de trafic de carburants de la Dgsn. Le manque à gagner pour l’État se chiffre à environ 40 milliards de francs cfa.
Ils sont une cinquantaine, pour la plupart des policiers. Certains officient à la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn) à Yaoundé. Et d’autres dans les démembrements régionaux de la Dgsn à Douala, à Bamenda et à Garoua.
Incarcérés à Kondengui
Ou encore au centre de commandement du GMI à Soa à Yaoundé. Bon nombre de ces personnels des services déconcentrés ont une responsabilité directe avec la gestion des soutes à carburants. Figure également dans la liste des interpellés une poignée de civils, notamment un enseignant au lycée d’Ahala, dans la capitale politique.
Ils ont été arrêtés et écroués à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui les 9 et 10 octobre 2026. Les grades des suspects vont de gardiens de la paix premier grade aux officiers de police principaux. Parmi lesquels le chef de service adjoint de carburants et lubrifiants à la Dgsn. Et des employés subalternes de ce service. L’arrestation des fonctionnaires de police est la conséquence des enquêtes diligentées depuis quelques semaines par le Tribunal criminel spécial (TCS).
De très hauts cadres de la police impliqués ?
Des informations à ce stade de l’enquête font état de suspicions pesant sur de très hauts gradés de la Dgsn. Lesquels officiers auraient également été auditionnés au Tcs ce même samedi 10 octobre 2026. En outre, certains de ces hauts cadres de la police camerounaise seraient très proches de Martin Mbarga Nguele en personne. Qui occupe depuis plus de dix ans le fauteuil de délégué général à la sûreté nationale.
Toute chose qui annonce une suite potentiellement explosive dans les enquêtes du Tcs. Le patron de la police camerounaise était-il au courant des faits graves reprochés à ses collaborateurs écroués ? Pour l’heure, seul le Tcs possède les réponses à la question à ce stade de l’enquête. Et les jours qui suivront pourront se révéler davantage édifiants.
Pillage des stocks de sécurité de la Dgsn
Les investigations conduites par le Tcs touchent à des questions de sûreté, et donc à la souveraineté même de l’État. Un sujet aussi sensible que la sécurité du chef de l’État en personne. En effet, l’enquête découle des irrégularités constatées dans la gestion de carburants constituant les stocks de sécurité de la Dgsn. Pendant au moins dix ans, ces carburants et lubrifiants ont été détournés de leur usage initial. Les suspects ayant pris l’habitude de les siphonner des soutes pour ensuite les vendre dans des circuits informels.
Près de 40 milliards Fcfa dilapidés
Une pratique bien vieille et connue de nombre de Camerounais. Car, dans les services publics, les bons de carburant sont distribués aux yeux de tous. C’est donc ce vaste réseau de trafic de carburants et lubrifiants que le Tcs s’attèle à démanteler. D’autant plus que le préjudice causé à l’État du fait de ces pratiques se chiffre à environ 40 milliards CFA. Du moins pour le moment. L’élargissement de l’enquête aux autres services étatiques et le ratissage large au niveau de la Dgsn pourraient révéler d’autres curiosités.















